Charente maritime – Grenade (fin)
Lundi (22 avril). L’itinéraire que nous avions prévu ne nous permet pas de trouver un logement en fin d’étape. Nous nous organisons pour dévier quelque peu de notre tracé initial pour trouver un hôtel dans le petit village de Puebla del Príncipe.
Si notre parcours s’est un peu allongé, rien de bien difficile pour cette septantaine de kilomètres.
Nous avons trouvé de nombreux chemins de pierres et des petites routes pour y arriver.
La seule difficulté du jour fut de monter jusqu’au village étape.


Mardi (23 avril), nous quittons Puebla del Príncipe avec la fraîcheur, pour rejoindre Villacarillo. L’étape du jour est l’une des trois plus difficiles. Au programme 80 km, près de 1000 m de montée et autant de descente. Les routes empruntées sont une fois de plus de très bonne qualité. Entourés de champ d’oliviers, de lavandes et d’azalées sauvages la tranquillité sera le maitre mot de la journée.
Après 25 kilomètres, nous quittons Castille-la Manche pour entrer en Andalousie. Les kilomètres, les dénivelés et le poids des sacoches commencent à fatiguer mon compagnon de route. Moi, c’est l’éloignement de mon épouse qui commence à être difficile. Plus question de faire demi-tour … nous sommes proches de notre objectif. Cependant deux grosses étapes sont encore devant nous. Nous pourrions encore nous arrêter une journée si nécessaire.
Nous arrivons à notre ville d’étape vers 13h, un petit repas en ville et nous retrouvons notre hôtel.
La ville de Villacarillo n’est pas la plus belle de celles que nous avons traversées. Sa caractéristique principale est de se trouver sur une hauteur et de dominer ainsi les alentours.
Nous avons parcouru à ce jour près de 1400 kilomètres.
Mercredi 24 avril. Après un bon petit déjeuner, nous quittons Villacarillo. Au menu du jour près de 80 km avec plus de 1400 m de montée et quasi la même chose en descente.
Pour commencer la journée, nous plongeons vers la vallée du Guadalquivir qui prend sa source non loin d’ici sur les hauteurs de la Sierra de Cazorla que nous allons contourner ce matin. Notre itinéraire, sans doute le plus difficile de notre périple emprunte sur une dizaine de kilomètres un chemin de terre très peu praticable pour nos vélos.


Heureusement après cette difficulté nous retrouvons une très bonne route.
Il nous reste une trentaine de kilomètres de montée pour atteindre notre logement du jour à Cabra del Santo Cristo. C’est sous un soleil de plomb que nous arrivons à cette petite bourgade perdue dans la montagne. Malgré l’isolement du village, nous avions repéré un logement chez l’habitant. C’est avec bonheur que nous retrouvons un appartement spacieux avec toutes les comodités nécessaires.
Ce soir nous avons parcouru près de 1450 kilomètres.
Jeudi 25 avril. Ce matin au moment de se mettre en route, mon compagnon de route se rend compte que son pneu est plat. Nous connaissons notre première crevaison.
Nous avions pris avec nous des chambres à air de réserve. La réparation effectuée, nous nous mettons en route.
Les premiers kilomètres sont une succession de montées raides et de descente. Les sommets enneigés de la Siéra Nevada pointent à l’horizon et motivent notre progression.


Après 40 kilomètres nous arrivons au point culminant du jour à 1250 m d’altitude. Le reste de l’itinéraire descend jusqu’aux portes de Grenade.
Il nous reste à rejoindre la fille de mon compagnon de voyage qui habite sur les hauteurs de la ville. Après la centaine de kilomètres que nous venons de parcourir, ces deux ou trois km de montée dans la ville nous paraissent interminables. C’est avec un plaisir immense que nous la retrouvons, heureux d’avoir vécu ce voyage.

Ce périple laisse en moi un immense bonheur d’avoir découvert une autre facette de l’Espagne qui se limitait jusqu’alors à une connaissance de la côte méditerranéenne et de quelques grandes villes espagnoles.
Ce voyage nous a fait découvrir des villages et des villes pittoresques, nous a fait rencontrer des habitants accueillants, quelquefois surpris par notre périple.
Nous avons aussi traversé des paysages magnifiques qui s’éloignent très fort des clichés du tourisme de masse de la Costa del Sol, de la Costa Brava, …
O.M.